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Slideshow of this Project Press F11 for Full Screen
ANTI-SMOG
Paris 2007
France
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PROGRAM : Innovations Center for the Sustainable Development
LOCATION : Canal de l'Ourcq, Paris
SURFACE AREA : 2065 M²
PERSPECTIVES : Philippe Steels
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Anti-Smog est un projet parasite qui vient se greffer sur la structure urbaine postindustrielle de la Petite Ceinture et du canal de l’Ourcq dans le 19ème arrondissement parisien. C’est un équipement public destiné à promouvoir les dernières innovations sur le thème du développement durable en milieu urbain que ce soit en termes d’habitat ou de transport. Son rôle est de mette en application toutes les énergies renouvelables d’avant-garde afin de combattre au maximum le smog parisien. Ce smog (smoke+fog) est une brume bleutée à roussâtre. Il est le résultat de la condensation de l'eau (le brouillard) sur des poussières en suspension et de la présence d'ozone dans la troposphère. La fumée est produite en grande partie par la combustion de combustibles fossiles et est composée de gaz sulfureux (comme le dioxyde de soufre) en plus de poussières sur lesquelles se condense la vapeur d'eau contenue dans le brouillard. Ce nuage photochimique est associé à de nombreux effets néfastes pour la santé (asthme, infarctus, AVC) et pour l'environnement (pluies acides, corrosion du bâti). Ce projet a par conséquent pour but d’inventer une nouvelle architecture capable de désasphyxier le quartier dans lequel elle est implantée !

VECTEUR URBAIN XYZ

Anti-Smog est donc un prototype écologique d’architecture auto-suffisante, dépolluante et réactive à son environnement et vient s’implanter sur un vecteur urbain euclidien à trois axes :

En X, le canal de l’Ourcq :
Avec le canal Saint-Denis, le bassin de la Villette et le canal Saint-Martin, le canal de l’Ourcq constitue le réseau des canaux parisiens, long de 130 km et qui appartient à la ville de Paris. C’est un lieu linéaire et emblématique suspendu sur le fil de l’eau entre la Rotonde de Nicolas Ledoux située place Stalingrad et le Parc de la Villette ponctué par les rouges folies de l’architecte américain Bernard Tschumi. Ce canal de l’Ourcq débute au second bassin de la Villette par un pont levant, de 85 tonnes construit en 1885. Il mesure 30 mètres de large sur 730 mètres de long. Au XVIIème siècle, sa première fonction était de constituer une réserve d’eau potable pour la ville de Paris mais aussi une réserve d’eau navigable pour le canal Saint Martin. Jusqu'aux années 1970, le quartier est fortement marqué par les industries et les activités liées à l'exploitation de la voie d'eau. Aujourd’hui notre époque postindustrielle de loisirs stigmatise les berges d’activités thématiques liées à la culture de l’eau comme par exemple Paris Plage.

En Y, le pont rail de la Petite Ceinture :
La ligne de Petite Ceinture est une ancienne ligne de chemin de fer à double voie qui faisait le tour de Paris à l'intérieur des boulevards des Maréchaux. Mise en service en 1862, elle est aujourd'hui en grande partie inutilisée et amputée d'une partie de sa longueur. Elle consiste actuellement en 23 kilomètres de voies ferrées entre la porte de Clichy au nord et le boulevard Victor au sud, en passant par l'Est de Paris. L’accès au piéton est aujourd’hui strictement interdit mais le parcours rail ponctué de ponts présente un potentiel énorme non seulement en terme de transport public mais aussi en terme de reconversion en promenade plantée ou en parcours vélib et voitures solaires sur rail par exemples.

En Z, l’usine de Chauffage Urbain :
Cette usine monolithique et obsolète de la Compagnie Parisienne de Chauffage Urbain (CPCU) plantée de sa cheminée blanche transperce l’horizon des Buttes Chaumont. Elle est vouée à disparaître. Suivant le plan d’urbanisme, elle laissera place à un immeuble d’habitations ainsi qu’à un jardin public de 1500m² permettant de réaménager les voûtes porteuses de la petite ceinture en magasins d’artisanats. CPCU est intégrée au sous-sol de la capitale. Cette société a participé tout au long du XX siècle à limiter une part de l’importation de l’énergie fossile en produisant du chauffage urbain (vapeur) et de l’électricité à partir de la cogénération et de l’incinération des déchets.

En XYZ :
A la croisée des voies fluviale et ferrée, le projet Anti-Smog s’implante au cœur de ce vecteur à trois directions. Il est composé de deux entités muséales distinctes à bilan énergétique positif, c’est-à-dire produisant plus d’énergies qu’elles n’en consomment : D’une part, la Solar Drop est une superstructure en polyester et en cellules photovoltaïques qui vient enjamber la «Cage», le double pont à croisillons métalliques franchissant le canal de l´Ourcq. D’autre part, la Winds Tower est une structure hélicoïdale incrustée d’éoliennes s’enracinant verticalement dans le futur jardin municipal au bord de l’eau.

SOLAR DROP

Sur le rail, en provenant du Parc des Buttes Chaumont, après la traversée du «Paris-Bestiaux» (l´ancienne gare de transit des bovins en direction des abattoirs de la Villette), vient la traversée des canaux. Capturant sous son galbe le pont ferré du canal de l’Ourcq, une grande goutte blanche à la toiture bleue photovoltaïque de 250 m² capte les rayons du soleil pour les transformer en énergies électriques. Comme une coque de bateau, elle est construite en fibre de polyester renforcée de cintres en acier soulignant ses principaux profils. Le tout est recouvert d’une couche de dioxyde de titane (TiO2) sous forme anatase, qui en réagissant aux rayons ultra-violets, permettent de réduire la pollution de l’air. Dans le cadre des politiques d’aménagement et du développement d’une gouvernance responsable de nos territoires, la Solar Drop, en plus d’être un bâtiment autonettoyant, permettra d’absorber et de recycler par effet photo-catalytique le nuage des gaz nocifs (Smog) notamment émis par l’intense trafic du périphérique parisien tout proche. L’hémisphère supérieur présente une structure se déployant en résille où les alvéoles ou épis se remplissent de verres et d’éclats de pixels de carbone permettant à l’Anti-Smog d’être entièrement auto-suffisant en énergie. De plus, deux arches végétales parcourent l’ellipse dans toute sa longueur et viennent récupérer les eaux de pluie en suffisance pour subvenir aux besoins logistiques du centre d’expositions et de sa cafétéria. Au dessous de cette toiture solaire thermorégulatrice se déploie une grande salle polyvalente d’expositions et de rencontres organisée autour d’un jardin central, une lagune aquatique phyto-épurée. C’est un lieu didactique dédié aux nouvelles urbanités écologiques et aux énergies renouvelables. Elle est baignée de lumière et semble en lévitation au dessus de l’Ourcq grâce aux planchers en verre qui laissent miroiter en elle les reflets dansants de l’eau. En effet, la structure en porte-à-faux prenant appui sur les poutres du pont élance ses deux proues dans l’axe du canal. L’accès à Solar Drop s’organise sur deux niveaux différents. Tout d’abord, une double entrée se fait par la passerelle piétonne existante longeant la « Cage » et reliant les deux berges du canal. Ensuite, la seconde entrée par le noyau vertical ou la rampe de la Winds Tower donne accès à la passerelle située à 10 mètres de hauteur faisant le trait d’union jusque la Solar Drop.

WINDS TOWER

Situé au pied des voûtes de la Petite Ceinture, sur le site même de l’usine de chauffage urbain, la Winds Tower élance sa galerie hélicoïdale sur plus de 45 mètres de hauteur. Le ruban scénographique se déroule le long de la rampe en console autour des murs courbes du noyau porteur central. Ce noyau est tapissé d’écrans tactiles et digitaux diffusant l’information en continu et contient la cage d’escalier et l’ascenseur. Egalement de plan elliptique, l’axe principale de la tour se décale par rapport à celui du canal pour se situer dans la direction des vents dominants (sud-ouest). En effet, sa peau cristalline en verre se dédouble par une peau en bas-résille autoporteuse et désolidarisée du mur rideau. Cette seconde structure en fibre de polyester est habillée de coussins végétaux et percées de fentes sinueuses logeant une cinquantaine d’éoliennes axiales de Darrieus. Le tout prend la forme d’un élégant parc vertical à la robe végétale en mouvement perpétuel. Au sommet, le parcours muséal se termine par un jardin suspendu dans le ciel. Aux saveurs aromatiques, ce havre de paix parfumé offre une vue panoramique exceptionnelle sur l’est parisien. Cette Winds Tower peut aussi se transformer en un silo contenant une spirale de vélib ou de voitures solaires sur un minimum de surface au sol sur le modèle des tours Smart. Elle serait ainsi directement connectée à la double voie de chemin de fer pour des promenades inédites sans les entrailles ferrées de la ville de Paris.

Anti-Smog est donc un prototype didactique d’expérimentations écologiques. Solar Drop et Winds Tower mettent en œuvre les technologies les plus avancées dans la construction autosuffisante pour mieux démontrer leurs applications à la société contemporaine. Son bilan énergétique est positif et permet d’assurer non seulement le fonctionnement du centre mais aussi l’éclairement nocturne des berges du second bassin de la Villette. De plus, ce projet a pour objectif de réduire la pollution atmosphérique du quartier en captant le CO2 et ainsi d’améliorer la qualité de l’air. C’est un projet ludique, une greffe urbaine et véritablement vivante. En osmose avec son milieu, c’est une architecture qui interagit complètement avec son contexte qu’il soit climatique, chimique, cinétique ou social pour mieux réduire notre empreinte écologique en milieu urbain !